Bienvenue dans les logements des hérissons

Habitat

Les hérissons vivent dans des habitats dont l’altitude varie de 400 à 600 m et peut atteindre exceptionnellement 1500 à 2000 m au-dessus du niveau de la mer. Une grande variété d’habitats est utilisée, notamment des terres agricoles, des régions boisées de feuillus, des haies, des jardins de banlieue, des parcs urbains, etc. L’habitat de lisière peut être préféré. Ainsi les vastes zones de monoculture avec utilisation intensive de pesticides et manque de haies ne sont pas appropriées. Les habitats appropriés doivent contenir suffisamment de proies invertébrées et de matériaux de nidification.

Les scientifiques disent :

Population vivant jusqu’à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. (MORRIS, 1997)

L’habitat préféré habituellement se situe entre 400 et 600 m. Cependant, il peut se situer à des altitudes plus élevées dans certaines régions (exceptionnellement jusqu’à 1500 ou 2000 m, par exemple dans les Pyrénées et les Alpes). (The Atlas of European Mammals, 1999)

Jusqu’à 2000 mètres (6500 pieds) au-dessus du niveau de la mer dans les Alpes. (CORBET, 1988)

Les hérissons sont nombreux dans les terres agricoles, les forêts, les haies, les parcs urbains et les jardins. (MORRIS, 1987 ; SEDGELEY, 1991)

Les hérissons vivent en plus grand nombre dans les prairies lorsqu’elles sont à proximité de zones boisés / broussailles / haies (CORBET & HARRIS, 1991).

Les diverses espèces de hérissons vivent le plus souvent dans des habitats de faible altitude, à condition qu’il y ait une végétation suffisante pour la nidification. (CORBET & HARRIS, 1991)

La population de Hérisson en Grande-Bretagne est rare ou absente dans les zones marécageuses ou montagneuses, dans les tourbières et les forêts de conifères. Ce serait dû à la pénurie d’aliments et de sites de nidification dans ces types d’habitat (CORBET & HARRIS, 1991 ; NOWAK, 1999 ; MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1994 ; SEDGELEY, 1991)

Les hérissons ont réussi à coloniser les environnements suburbains. (REEVE, 1982)

Les hérissons vivent dans les zones boisées de feuillus, les terres arables avec des broussailles ou des haies, les jardins, les parcs, les dunes de sable avec un manteau végétal à proximité. (BURTON, 1969)

Les hérissons vivent dans les zones boisées de feuillus, les broussailles, les prairies humides, les jardins, les prés, les lisières des champs arables. On n’en trouve pas là où la végétation et le terrain ne sont pas propices pour la nidification et l’hibernation. On n’en trouve pas au-dessus de la zone arborée des Alpes. (CORBET, 1988)

Les habitats favorables au hérisson comprennent les pâturages humides, les lisières boisées, les haies et les jardins. (SEDGELEY, 1991 ; MORRIS, 1994)

Les densités de population de hérissons sont relativement élevées dans les habitats du type, zones agricoles à petite échelle et zones urbaines avec parcs et jardins, mais faibles dans les forêts, les zones agricoles à grande échelle et les centres urbains des villes (HUIJSER, 2000).

Les hérissons sont moins nombreux dans les zones plus arides le long de la Méditerranée. (The Atlas of European Mammals, 1999)

Les terres sablonneuses ne constituent pas un habitat idéal pour le hérisson car elles comportent un faible nombre de proies invertébrées (par exemple, les vers de terre) et peuvent devenir particulièrement sèches en été (MORRIS, 1994).

Les terres agricoles arables ne fournissent pas d’habitat propice aux hérissons. L’utilisation d’insecticides agrochimiques contre les ravageurs de culture tue également les proies invertébrées du hérisson. La disponibilité de sites appropriés pour les « nids d’hiver » est réduite dans les terrains dont les haies ont été enlevées, les terrains vagues ou les friches industrielles. Le labour régulier des terres agricoles perturbe leur habitat. (MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1994)

Les hérissons vivent dans les zones montagneuses jusqu’à la limite des zones arborées (MORRIS, 1987)

Les deux principales exigences sont la présence d’invertébrés suffisants pour la nourriture et des abris appropriés pour les « nids de jour », les « nids de reproduction » et pour l’hibernation. (HERTER, 1966)

La disponibilité ou pas de matériel de nidification et de sites de nidification appropriés peut être un facteur important déterminant la distribution de l’habitat du hérisson comme par exemple, l’absence de feuilles dans les tourbières, les zones marécageuses et les forêts de conifères. (MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1994 ; MORRIS, 1997)

Les hérissons se nourrissent dans divers habitats naturels et artificiels. (REEVE, 1994)

On a observé une préférence pour les « habitats de lisière » qui se trouvent aux confins des zones boisées fragmentées et des haies. (HUIJSER, 2000)

Les hérissons vivent souvent près des humains. (HERTER, 1966)

Les hérissons en Grande-Bretagne sont abondants dans les habitats suburbains et urbains (par exemple les jardins, les parcs, les cimetières, les accotements de chemin de fer) (MORRIS, 1987).

Les hérissons vivent dans de nombreux habitats de plaine offrant une couverture végétale suffisante pour la nidification. (MACDONALD & TATTERSALL, 2001)

Des données de radiopistage et d’observation ont servi dans une étude sur l’utilisation de l’habitat et sur la densité de la population des hérissons à Zurich, en Suisse. Les hérissons étaient répartis dans plus de 69% de la superficie de la ville, avec une forte densité dans certaines zones (0,5 – 1,0 individus par hectare) mais une faible densité dans les espaces centraux bâtis (par exemple les maisons, les rues).

  • On a trouvé des hérissons dans des zones comme les jardins à l’arrière des maisons (back gardens), les pelouses, les parcs et les haies en ville. (BONTADINA, GLOOR & HOTZ, 1999)

En Nouvelle-Zélande, on a trouvé des hérissons dans une grande variété d’habitats, notamment des pâturages, des zones de végétation arbustive, des prairies, des forêts de feuillus, des broussailles, des fougères, etc., certains ont été pris au piège dans des forêts primaires ou exotiques. (MOSS & SANDERS, 2001)

  • Une étude a montré que les hérissons étaient nombreux dans les forêts primaires non exploitées qui se trouvaient loin des routes, ainsi que dans les anciennes forêts « exotiques ». Ils étaient plus rares dans les forêts en bordure de route. (KING, INNES, FLUX, KIMBERLEY, LEATHWICK & WILLIAMS, 1996)

Alors que les hérissons ne peuvent vivre dans des jardins fermés de faible superficie (par exemple 9 m x 6 m), ils utilisent en revanche, les jardins mitoyens avec des clôtures permettant le passage comme partie intégrante de leur domaine vital. (MORRIS, 1987)

  • L’alimentation supplémentaire des hérissons par les propriétaires des jardins est une pratique courante. (MORRIS, 1987)

Nids et sites de nidification

Les hérissons ont besoin de nids tout au long de l’année pour se cacher et se protéger des intempéries. On peut identifier trois types de nids différents : les nids de jour utilisés durant l’été lorsque cet animal nocturne dort, les « nids de reproduction » utilisés par les femelles et leurs portées, et les « nids d’hiver » ou hibernacles. Les « nids d’hiver » sont l’objet de beaucoup de soins et ils sont généralement de construction plus solide ; les feuilles sèches et l’herbe, apportées par l’animal, en constituent les parois, et absorbent une partie des variations de la température extérieure.

Le site de nidification est choisi dans une structure pouvant supporter l’apport de matériaux par le dessus, le plus souvent dans un renfoncement de terrain, à l’abri d’un talus, sous des branches, des ronces, des grosses racines d’arbres, une pile de bois, dans une remise de jardin, etc. dans un terrier de lapin abandonné éventuellement.

La construction d’un nid occupe 0,4 % du temps total soit 3,2 % du temps d’activité réelle. Les femelles s’y emploient souvent pendant plusieurs jours avant la mise-bas. Les jeunes, à l’automne, bâtissent souvent plusieurs nids avant de choisir celui qui les abritera pendant l’hiver.

Le Hérisson transporte dans sa gueule un stock de feuilles mortes, d’herbes et éventuellement de fougères, vers l’emplacement choisi. Les feuilles constituent le matériau idéal, car parfaitement étanche. Il les empile en un gros tas bien épais, sur une cinquantaine de centimètres de large et les imbrique dans une structure solide, résistant aux intempéries, puis il creuse l’intérieur et effectue des mouvements de rotation dans la cavité pour tasser les feuilles et les orienter régulièrement, créant ainsi des murs de quinze centimètres d’épaisseur environ. Il accède à ce logement par un petit tunnel. Le nid doit être bien compact pour éviter toute intrusion du froid.

L’isolation thermique est étonnante. Que la température extérieure soit à plus 10°C. ou à moins 10°C., la température ambiante restera entre plus 1 et plus 5°C. Ces parois de feuilles ont pour mission de protéger l’animal du froid mais aussi des courtes périodes de chaleur qui pourraient le réveiller inutilement.

Les nids doivent résister d’une année à l’autre ; ceux qui sont construits sur des ronces, par exemple, persistent plus longtemps que ceux qui sont exclusivement composés de feuilles, qui pourrissent plus vite. Au total, 30 % des nids se maintiennent jusqu’à l’hiver suivant, bien qu’ils ne soient pas de nouveau occupés. Plus de la moitié est occupée pendant au moins un mois, mais beaucoup le sont pendant six mois en continu. Les hérissons partagent rarement un nid.

Utilisation des nids

Dans une étude portant sur deux femelles et un mâle dans un habitat en lisière de forêt, les femelles utilisaient moins de nids que les mâles et se déplaçaient moins souvent entre les nids. (MORRIS, 1986)

Dans une zone de « terres agricoles traditionnelles » (une mosaïque de haies, de petits bosquets et de prairies non aménagées plus le village associé), des études par radiopistage ont montré qu’un mâle adulte utilisait plus de nids qu’une femelle adulte et se déplaçait plus souvent entre les nids. Les nids utilisés par le mâle étaient largement dispersés sur la zone habituellement utilisée par cet animal alors que les nids utilisés par la femelle étaient beaucoup plus proches les uns des autres. (MORRIS, 1988) 

Une étude portant sur l’utilisation des nids d’été dans une population de hérissons sur un terrain de golf a montré que les femelles avaient tendance à utiliser un nid plus longtemps que les mâles et utilisaient un plus petit nombre de nids en été, bien que dans 52,4% des cas un nid a été utilisé uniquement une journée avant que l’animal se déplace ; les mâles utilisaient plus de nids au total et pour des périodes consécutives plus courtes. De plus, ils retournaient généralement dans un nid utilisé auparavant après un ou plusieurs jours passés dans un autre, et dans 65,4% des cas, ils utilisaient un nid seulement un jour avant de se déplacer ailleurs. Dans cette étude, les mâles utilisaient parfois des nids qui avaient été utilisés auparavant par les femelles et dans un seul cas, une femelle utilisait un nid qui avait été occupé antérieurement par une autre femelle. A la fin de la nuit, les hérissons ont été observés se déplaçant directement vers un nid qu’ils avaient précédemment utilisé, ce qui prouve qu’ils se souvenaient de l’emplacement de ce nid. (REEVE & MORRIS, 1985)

Les scientifiques disent :

Les hérissons disposent de divers types de nids tout au long de l’année pour se dissimuler et se protéger des intempéries. (REEVE, 1994)

Trois types de nids sont réalisés : les nids pour dormir (« nids d’été »), les « nids de reproduction » et les hibernacles. (BURTON, 1969)

Les nids peuvent être situés dans des broussailles ou des buissons, des cavités sous les racines des arbres, sous des haies, dans des amas de paille ou de feuilles mortes, dans des tas de fumier ou de compost ou dans les trous de vieux murs de pierre. (BURTON, 1969)

La disponibilité de sites de nidification appropriés et la présence de matériaux de construction sont susceptibles d’être des facteurs clés affectant la survie hivernale des hérissons. (REEVE, 1994 ; MORRIS, 1994)

Les nids de hérissons ont été localisés dans des lieux très divers incluant « une variété étonnante d’endroits naturels et anthropiques ; des endroits cachés dans les haies, parmi presque tous les types de végétation dense ; les crevasses rocheuses ; les troncs d’arbres creux ; les tas de feuilles ; bûches ou broussailles ; les zones sous les planchers surélevés du jardin et les dépendances agricoles ; une cave à charbon désaffectée et même des greniers et un toit de chaume ! » (REEVE, 1994)

Des études menées dans le bassin de Mackensie, en Nouvelle-Zélande, ont révélé que la plupart des nids de hérissons se trouvaient sous des arbustes ou des touffes d’herbe. (MOSS & SANDERS, 2001)

Dans le pays sablonneux de Manawatu (dunes côtières et terres agricoles adjacentes), des nids de hérissons ont été trouvés principalement (26/30) dans des touffes d’oyats (Ammophila arenaria) sur les dunes, 19 nids sur des pentes et sept sur des crêtes de dunes ; en effet, les pentes des dunes ont une végétation plus dense que les crêtes et moins de pâturages et de piétinement. Il a été noté qu’aucun nid ne se trouvait dans des zones gorgées d’eau ou à végétation clairsemée. On a remarqué aussi que les ouvertures des nids ne faisaient pas face à une direction particulière et que les nids n’étaient pas toujours placés à l’abri du vent dominant. Les quatre nids qui n’étaient pas sur les dunes se trouvaient « tous sur des sites plats et bien drainés, avec un bon manteau protecteur contre les branches tombées ou de la végétation en surplomb ». Certains des nids ont été trouvés pendant l’hiver mais aucun n’a été solidement construit et en général les hérissons ne semblaient pas hiberner à cet endroit. Les nids ont été décrits comme étant fabriqués à partir de matériaux disponibles sur le site de construction, les nids sur les dunes étant entièrement fabriqués à partir de tiges de marronniers morts. Les nids étaient sphériques avec des parois de 0,5 – 5,0 cm d’épaisseur et un diamètre de 20 – 30 cm. (MOORS, 1979)

Les « nids d’été » et les « nids d’hiver » des hérissons sont généralement positionnés au-dessus du sol sous la couverture végétale. (REEVE, 1994)

Des observations de hérissons en captivité ont montré que les nids n’étaient pas construits avant que la température ne tombe en dessous de 16 ° C. (DIMELOW, 1963)

  • Les matériaux de nidification tels que les feuilles sont rassemblés en tas en utilisant la gueule. (DIMELOW, 1963)
  • Des feuilles peuvent être ajoutées au nid en les ramenant vers l’intérieur avec une patte antérieure pendant que le hérisson se tient sur le tas, et en glissant des feuilles supplémentaires avec sa gueule) au centre de l’amas. (DIMELOW, 1963)
  • Le hérisson peut gratter dans la terre sous un tas de feuilles. (DIMELOW, 1963)
  • Lorsque l’amas est suffisant, le hérisson tourne en rond à l’intérieur, piétinant ainsi les feuilles. (DIMELOW, 1963)

En observant les nids se trouvant dans des emplacements sauvages, par exemple sous des ronces, ou dans d’autres structures contraignantes, on a établi qu’une fois que le tas de feuilles a été rassemblé, le mouvement du hérisson dans l’amas, en s’appuyant contre les branches qui servent de structure, fait en sorte que les feuilles se trouvent à plat dans une structure stratifiée caractéristique. (MORRIS, 1973)

Les nids qui sont construits sans un bon support externe (par exemple dans la litière de feuilles) se rompent plus rapidement que ceux construits avec un bon support (par exemple dans les ronces) ; ceux construits sans support peuvent ne pas durer tout l’hiver et pour un hérisson utilisant un tel nid il sera nécessaire de se réveiller et de construire un nouveau nid avant la fin de l’hiver. (MORRIS, 1973)

Les nids construits avec un bon support externe ont survécu en moyenne sept mois et jusqu’à 18 mois ou plus. (MORRIS, 1973)

Plus de la moitié des nids est occupée pendant au moins un mois, mais beaucoup le sont pendant six mois en continu (LAGRANGE, 1994)

Les « nids d’hiver » peuvent être construits tout au long de l’hiver de septembre à avril, mais la plupart (plus de 80% dans cette étude) sont construits d’octobre à février, avec un maximum de construction (22,6%) en novembre. (MORRIS, 1973)

Les nids sont généralement situés au niveau du sol, mais les sites recensés incluent les arbres creux, les toits de chaume et les terriers de lapin. (MORRIS, 1973)

Le principal matériau utilisé pour la construction des nids semble être les feuilles des arbres feuillus, les plus grandes étant moins utilisées que les plus petites. Les nids dans cette étude (à Bushy Park, UK) étaient rarement construits entièrement à partir d’herbe et il a été noté que les nids qui ont été ainsi construits n’ont jamais été trouvés occupés. (MORRIS, 1973)

Comme on pourrait s’y attendre avec un animal nocturne, les « nids d’hiver » n’ont pas été observés uniquement à l’ombre mais aussi face au soleil. (MORRIS, 1973)

Les nids sont soigneusement construits avec des structures compactes en forme de dôme (environ 30 – 60 cm de taille (REEVE, 1994), 50 cm de diamètre (MORRIS, 1987)) et avec une architecture interne organisée.

  • Les murs du nid sont constitués de couches de feuilles larges, sèches et fortement tassées pouvant atteindre 20 cm d’épaisseur. (REEVE, 1994)
  • D’autres matériaux de nidification comprennent des fougères et de l’herbe, mais ceux-ci sont moins résistants aux intempéries que les feuilles. (MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1997)

Un support structural externe des nids est souvent utilisé pour augmenter leur durabilité. Les supports comprennent une végétation forte (par exemple des ronces) ou des espaces sous les souches ou les troncs tombés, etc. (REEVE, 1994 ; BURTON, 1969)

Les études ne suggèrent pas que les hérissons orientent leur nid dans une direction particulière par rapport au soleil. (REEVE, 1994)

Le matériel de nidification est recueilli par les hérissons en utilisant leur gueule. (REEVE, 1994 ; MORRIS, 1987 ; BURTON, 1969)

On a rapporté que les individus prenaient entre un et trois jours pour recueillir suffisamment de matériau de nidification selon la disponibilité locale. (REEVE, 1994)

Pour créer la chambre de nidification interne, les hérissons s’enfouissent et se roulent dans le tas de feuilles qu’ils ont recueillies et les compactent en couches serrées en utilisant leurs pattes et leurs piquants. Les feuilles sont maintenues ensemble à l’emplacement du nid par un support externe. (REEVE, 1994 ; MORRIS, 1987 ; BURTON, 1969)

Les dimensions du mur de nid sont d’environ de 10 cm d’épaisseur. (MORRIS, 1987)

Des feuilles supplémentaires et un matériau de nidification plus souple (par exemple de la mousse, du foin) peuvent être ajoutés à l’intérieur du nid pour compacter ses parois et fournir un revêtement confortable. (REEVE, 1994)

La structure compacte stratifiée du nid de hérisson réduit sa vitesse de décomposition par rapport à celle des nids sans une litière de feuilles mortes ; les nids bien construits peuvent durer un an ou plus. (MORRIS, 1973 ; REEVE, 1994 ; MORRIS, 1997)

La litière de feuilles utilisée pour la construction du nid fournit une isolation contre le froid et les petites fluctuations de la température extérieure qui pourraient provoquer inutilement une stimulation (réveil) du hérisson, gaspillant ainsi de précieuses réserves d’énergie. (MORRIS, 1973 ; MORRIS, 1997)

L’intérieur du nid de hérisson est petit et s’adapte étroitement au hérisson dans une position enroulée. (REEVE, 1994)

Les entrées de nid peuvent être cachées ou comporter un court tunnel de feuilles. (REEVE, 1994)

Les hérissons peuvent abandonner les nids après de brèves périodes d’utilisation seulement ; le nid peut être réoccupé à une date ultérieure. (REEVE, 1994)

Les matériaux utilisés pour la construction des nids varient selon le pays et le type d’habitat, par exemple les oyats (Ammophila arenaria) poussent en Nouvelle-Zélande dans les dunes de sable, les fougères et les aiguilles de pin en Italie. (REEVE, 1994)

Les hérissons peuvent utiliser des terriers pour abriter leurs nids. Des terriers simples (sans voie d’issue) avec un abri à l’extrémité peuvent être construits par les hérissons eux-mêmes mais ils peuvent aussi utiliser les terriers de lapins (lapin européen – Oryctolagus cuniculus). (CORBET & HARRIS, 1991 ; REEVE, 1994)

Les terriers de lapin peuvent être utilisés par les hérissons pour les sites d’hibernation. (CORBET, 1988)

Les populations de hérissons en Europe continentale construiraient des terriers plus élaborés que ceux qui ont été observés au Royaume-Uni. (REEVE, 1994)

Des terriers d’environ 0,4 m de long peuvent être creusés occasionnellement par des hérissons ; ils peuvent aussi « creuser » sous une litière de feuilles ou un tronc d’arbre creux. (BURTON, 1969)

Les espèces de hérisson qui habitent les régions arides (par exemple, le Hérisson à longues oreilles –  Hemiechinus auritus) construisent des terriers plus fréquemment que le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus). (MACDONALD, 2001)

Les hérissons nichent généralement en solitaire (REEVE, 1994) ; le partage simultané de nids est rare. (MORRIS, 1987)

L’utilisation non simultanée de « nids d’été » a été observée lors d’études de suivi par radiopistage. Certains hérissons utilisent les nids construits par d’autres individus lorsque ceux-ci ne sont pas occupés. La fréquence de ce comportement dans la nature est incertaine, mais pourrait potentiellement jouer un rôle important dans la transmission des maladies entre les individus de la même espèce, par exemple, ectoparasites, dermatophytose (Teigne – Trichophyton mentagrophytes erinacei). (REEVE, 1994 ; MORRIS, 1987)

« Nids d’été » :

Les hérissons utilisent des « nids d’été » ou « nids de jour » pour se réfugier dans la journée pendant la saison active. (REEVE, 1994)

Les hérissons reviennent habituellement à un « nid d’été » pendant la journée, mais ils peuvent aussi se déplacer entre plusieurs « nids d’été » alternatifs, revenant parfois à d’anciens sites de nidification à une date ultérieure pendant la saison. (MORRIS, 1987)

Sur des hérissons suivis par radiopistage en Nouvelle-Zélande on a constaté qu’ils pouvaient réutiliser à la fois les nids pendant plusieurs jours consécutifs ou après un intervalle de temps. (MOORS, 1979)

Auparavant on pensait que les « nids d’été » étaient moins robustes ou substantiels et plus facilement abandonnés que les hibernacles. Bien que ce soit souvent le cas (MORRIS, 1987), les « nids d’été » fournissent tout de même un abri pendant toute la période active (de mars à novembre au Royaume-Uni) lorsque des conditions météorologiques sont défavorables, ce qui rend leur conception importante. (REEVE, 1994)

Les observations sur le terrain ont révélé que les « nids d’été » étaient de construction semblable à celle des « nids d’hiver » ; des « nids d’été » ont également été adaptés pour être utilisés comme hibernacles dans certains cas (REEVE, 1994).

Alors que les hérissons se retirent habituellement dans un « nid d’été » couvert pendant la journée en saison active, ils peuvent occasionnellement (REEVE, 1994) ou même souvent (MORRIS, 1994) se reposer à l’extérieur, près de leur nid ou dans un lieu de végétation abondante, en particulier par temps chaud. (CORBET & HARRIS, 1991 ; MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1997)

Dans les régions où le climat est plus chaud comme en Nouvelle-Zélande, les « nids d’été » des hérissons peuvent être moins robustes (par exemple, aiguilles de pin, graminées), contrairement aux nids plus conséquents des zones plus froides. (REEVE, 1994)

Durant toute la saison active, les hérissons (mâles et femelles) utilisent généralement un certain nombre de « nids d’été » pendant des périodes très variables ; le déplacement entre les nids se produit assez fréquemment et les individus peuvent retourner dans leurs nids plus tard dans la saison. (REEVE, 1994)

Des études ont montré que les mâles adultes occupent un plus grand nombre de nids et les modifient plus fréquemment que les femelles non reproductrices. (CORBET & HARRIS, 1991 ; REEVE, 1994)

Des études suggèrent que les mâles changent de nid plus fréquemment que les femelles qui peuvent utiliser le même « nid d’été » pendant des périodes continues de 7 à 10 jours. (MORRIS, 1997)

Une étude de radiopistage en Italie a révélé que tous les hérissons étudiés utilisaient plus d’un « nid d’été » durant la période active et ont constaté que la plupart des nids étaient occupés plus d’une fois (62%, n = 120). On a observé que les hérissons retournaient aux anciens nids pendant une période de 1 à 169 jours. (REEVE, 1994)

Les données montrent que les « nids d’été » utilisés par les femelles sont moins espacés dans leur domaine vital que ceux utilisés par les mâles plus éloignés les uns des autres. (REEVE, 1994)

Il faut se rappeler que la fréquence à laquelle les hérissons changent de nid peut être modifiée par des perturbations externes ; l’évaluation des méthodes de radiopistage devrait être envisagée pour évaluer le potentiel de données artéfactuelles. (REEVE, 1994)

Les « nids d’été » trouvés au cours d’une étude étaient souvent considérés comme généralement bien construits, (82,9% des 41 nids) « un monticule de feuilles tombées naturellement », incluant parfois de petites brindilles. Seulement 7,3% étaient entièrement faits d’herbe et 9,8%, de feuilles et d’herbe. (REEVE & MORRIS, 1985)

Les « nids d’été » avaient occasionnellement (4/41) des tunnels à entrée unique d’une longueur d’un mètre ou plus. On ne sait pas si ceux-ci avaient été creusés par le hérisson ou étaient des « points » de reproduction creusés par des lapins ; les hérissons sont connus pour utiliser des terriers de lapin. (REEVE & MORRIS, 1985)

Les observations sur les hérissons captifs ont révélé qu’à une occasion, deux individus qui s’étaient échappés pendant la nuit (la même nuit) avaient creusé un terrier de 0,5 mètre de long dans la terre sous le nichoir. (DIMELOW, 1963)

Un hérisson en particulier utilisait en général pendant des années consécutives des sites de nidification dans la même zone qu’avant (par exemple, le même bosquet). (REEVE & MORRIS, 1985)

En Nouvelle-Zélande, on a constaté que les « nids d’été » ne sont généralement utilisés qu’une seule fois, bien que certains puissent être utilisés pendant plusieurs jours consécutifs ou utilisés de façon répétée mais sporadique. (MOSS & SANDERS, 2001)

« Nids de reproduction » :

Les femelles hérisson utilisent des « nids de reproduction » pour la parturition et l’élevage de leurs portées. (CORBET & HARRIS, 1991 ; REEVE, 1994 ; MORRIS, 1997)

Les femelles construisent un « nid de reproduction » à partir de la végétation, y compris les feuilles et l’herbe mais aussi des matériaux supplémentaires, par exemple du papier, des ordures. (MORRIS, 1987)

La structure des « nids de reproduction » est similaire à celle des autres nids, bien qu’ils soient plus grands pour fournir suffisamment d’espace à la mère allaitante et sa portée. (REEVE, 1994)

Les femelles peuvent construire et utiliser plus d’un « nid de reproduction » pendant la période de lactation ; des perturbations peuvent entraîner l’abandon des nids et le transfert des bébés hérissons vers une nouvelle structure. (REEVE, 1994)

« Nids d’hiver » ou hibernacle :

Les hérissons construisent des « nids d’hiver » ou des hibernacles pour l’hibernation en hiver (ou l’estivation en été). (REEVE, 1994)

Les hérissons construisent un « nid d’hiver » ou un hibernacle à partir de la végétation, y compris des feuilles, des buissons et des bûches. Les couches de feuilles emballées autour du hérisson agissent comme un isolant afin d’éviter un refroidissement excessif ou un réchauffement pouvant perturber l’hibernation. La construction du nid est conçue pour que son centre reste au sec. (MORRIS, 1994)

Le nid doit être bien compact pour éviter toute intrusion du froid (LAGRANGE, 1994).

Des hibernacles ont été observés dans des zones de ronces, de broussailles, sous des hangars ou des troncs d’arbres tombés. (MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1997)

Les travaux expérimentaux sur les hibernacles ont montré que les températures internes de l’air se situent entre 1 et 5°C pendant plus des trois quarts du temps alors que les températures ambiantes externes sont de -8 à + 10°C. (MORRIS, 1987 ; MORRIS, 1994)

Que la température extérieure soit à +10°C ou à -10°C, la température intérieure restera entre plus 1 et plus 5°C. Ces parois de feuilles ont pour mission de protéger l’animal du froid mais aussi des courtes périodes de chaleur qui pourraient le réveiller inutilement (LAGRANGE, 1994).

Le partage simultané de « nids d’hiver » a été signalé occasionnellement dans des ouvrages scientifiques ; il a été suggéré que les individus pouvaient être la mère et les frères et sœurs, ou les frères et sœurs de la saison de reproduction précédente. Le partage des nids dans les régions à température ambiante froide peut conférer certains avantages en termes de thermorégulation. (REEVE, 1994)

Une étude sur le terrain a révélé que seuls les jeunes hérissons partageaient un hibernacle et que cela ne durait que pendant une courte période. (MORRIS, 1987)

Les hérissons hibernent généralement seuls dans des habitats favorables mais les hibernacles peuvent se trouver assez près les uns des autres. (MORRIS, 1997)

Une étude sur le terrain a révélé que chaque fois qu’un hérisson changeait de « nid d’hiver » après une période d’excitation (éveil), il construisait toujours un nouveau nid et n’occupait pas un hibernacle déjà construit. (MORRIS, 1987)

Les auteurs suggèrent qu’il est inhabituel pour un hérisson de rester dans un seul « nid d’hiver » pendant toute la durée de l’hibernation. (CORBET & HARRIS, 1991 ; MORRIS, 1994 ; MORRIS, 1997)

Les hérissons ne stockent ni ne conservent de nourriture dans leurs hibernacles pendant l’hiver. (CORBET & HARRIS, 1991 ; MORRIS, 1994)