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Affections courantes du Hérisson

Les affections courantes du Hérisson sont généralement produites par des parasites (endoparasites et ectoparasites), parfois bactériologiques et, même, virales. Les autres causes d’accueil des hérissons dans les centres de faune sauvage sont multiples : choc avec une voiture, blessures par tondeuse ou rotofils, brûlures par des feux de jardin, empoisonnement, morsures de chien.

 

Pathologie cutanée

Les puces et les tiques

Les puces, très nombreuses chez les hérissons, sont représentées par Archaeopsylla erinacei. Une infestation très sévère signe un mauvais état général. STOCKER (1987) affirme qu’elles ne se rencontrent pas sur les humains, les chats et les chiens. Ce n’est pas tout à fait vrai car certains spécimens ont été retrouvés sur la peau d’un chien, à Dublin (KEYMER, 1991). En fait, le partage est rare, mais possible (MOUTOU, 1988).

Les tiques rencontrées sont des Ixodes hexagonus, mais aussi des Ixodes ricinus (KEYMER et al., 1991). Lorsqu’elles sont présentes en très grand nombre, elles peuvent provoquer une anémie. Plus de cent tiques ont déjà été dénombrées sur un seul hérisson (ROBINSON & ROUTH, 1999).

Les acariens (Gale)

Les gales les plus sévères ont pour agent Caparinia tripilis et Notoedres sp. (Notoedres cati selon certains auteurs). L’animal présente un érythème, une peau squameuse, surtout vers la tête ; une zone sans piquants peut apparaître. Les parasites, blancs sont visibles à l’œil nu, comme Cheyletiella chez le Chien. Cette parasitose évolue souvent en synergie avec une dermatomycose.

Les champignons (Teigne)

Trichophyton mentagrophytes var.erinacei est à l’origine de ces dermatomycoses, parfois relayé par Microsporum sp. Au total, 25 à 50% des hérissons seraient porteurs, le plus souvent de façon asymptomatique (GREGORY, 1985 ; KEYMER et al., 1991).

L’importance des acariens et des puces comme facteurs de transmission de ces agents doit être soulignée, aussi bien entre hérissons que par rapport aux humains. Cette zoonose engendre des lésions cutanées irritantes, qui ne sont pas typiques de la teigne et peuvent donc ne pas être reconnues immédiatement par les praticiens. Elle guérirait néanmoins spontanément en deux à trois semaines (GREGORY, 1985). Chez les hérissons, les lésions visibles sont des croûtes caractéristiques à la base de piquants, qui peuvent tomber. Cette maladie est susceptible d’être associée à des infections bactériennes secondaires.

La confirmation du diagnostic est effectuée grâce à la mise en culture d’un prélèvement suspect, d’un examen microscopique des piquants atteints; mais le test à la lampe de Wood est le plus souvent négatif.

Les myiases (Œufs de mouche / asticots)

Lorsque le hérisson est atteint d’une maladie de la peau, l’accumulation de sécrétions attire les mouches et augmente le risque de myiase. Les mouches vont pondre en particulier sur de jeunes hérissons abandonnés ou sur des vieux animaux débilités. Tous les plis de peau ainsi que les yeux, la bouche, les narines, les oreilles, l’anus, les orifices génitaux peuvent être pris pour cible.

L’atteinte souvent massive contraint parfois à pratiquer une euthanasie.

Les infections bactériennes

Souvent secondaires à une autre affection, elles se présentent sous la forme d’une dermite exsudative du thorax et de l’abdomen. L’agent responsable est souvent Staphylococcus sp.

 

Pathologie des voies respiratoires

Les principaux agents pathogènes sont Bordetella bronchiseptica et des Pasteurelles (Pasteurella multocida). Mais Crenosoma striatum et Capillaria aerophila sont responsables de la majorité des pneumonies. Les symptômes sont : écoulement nasal purulent, conjonctivite, éternuements, toux, difficultés respiratoires, puis dyspnée, anorexie et perte de poids qui peuvent conduire à la mort.

 

Pathologie des voies digestives

Les agents pathogènes responsables des problèmes digestifs sont essentiellement les Salmonelles et les Capillaires.

Les Salmonelles intervenant chez le Hérisson sont principalement Salmonella enteridis et Salmonella typhimurium. Le mode de transmission entre hérissons n’est pas connu : la transmission par les matières fécales est probable dans quelques cas ; les puces sont éventuellement responsables, les limaces peut-être aussi. En revanche, on est en présence d’un risque de zoonose, et il faut prendre des précautions lors de la manipulation des fèces ou des ustensiles utilisés pour le hérisson. L’incidence est de 12 à 25% dans les populations de hérissons (KEYMER et al., 1991).

Les capillaires incriminés sont Capillaria erinacei et autres Capillaria sp. (dont l’hôte intermédiaire est le ver de terre). Quand l’infestation de l’intestin est massive, la diarrhée est bien verte et mucoïde. Le traitement est identique à celui que l’on emploie contre Capillaria aerophila.

D’autres parasites peuvent investir l’appareil digestif : des tænias, Hymenolepis erinacei (à infestation souvent asymptomatique), dont l’hôte est un Coléoptère et une douve, Brachylaemus erinacei, qui provoque méléna et agitation, dont la distribution géographique est variable.

Des coccidies (Eimeria sp. et Isospora sp.) peuvent aussi jouer  un rôle pathogène. L’affection est souvent infra clinique, mais les orphelins élevés à la main peuvent déclarer une diarrhée hémorragique avec perte de poids.

 

Affections diverses

Virus

Le Hérisson n’est pas un vecteur de la rage. Il est connu pour sa sensibilité au virus de la fièvre aphteuse. C’est un réservoir ; un cycle de transmission bétail~hérisson~bétail a pu être établi. Le transport de ces animaux présente donc un danger potentiel (MURRAY & FOWLER, 1986).

Tumeurs

Le Hérisson présente une grande variété de processus néoplasiques, surtout au-delà de l’âge de trois ans. Les symptômes sont classiquement anorexie et perte de poids. Il y a une grande incidence des tumeurs du tube digestif (WALLACH & BOEVER, 1983 ; HOEFER, 1994).

Déshydratation

L’examen des piquants permet d’évaluer la déshydratation des hérissons. Ils doivent être toniques et revenir à leur place rapidement lorsqu’ils sont aplatis manuellement. Si ce n’est pas le cas, l’animal est déshydraté et doit recevoir un traitement (Boussarie, 2006).