Fonctionnement
du centre de soins

Fonctionnement de l’établissement

Vétérinaires

Les centres de soins doivent travailler en étroite collaboration avec des vétérinaires qui connaissent les espèces que le(s) capacitaire(s) du centre sont autorisées à détenir et à soigner.

Rappelons d’abord que LE CERTIFICAT DE CAPACITE N’AUTORISE PAS LA PRATIQUE DE LA MEDECINE VETERINAIRE et que la majorité des actes doivent être effectués par un vétérinaire. Un capacitaire ne peut pas, par exemple, prescrire des médicaments sur ordonnance, faire des injections ou anesthésier un animal.

Rappelons par la suite que chaque espèce animale est différente des autres : les mammifères n’ont rien à voir avec les oiseaux ou les reptiles ; et, même, les soins d’une vache n’ont rien à voir avec les soins d’un hérisson. N’oublions pas que nous, les humains, sommes aussi une espèce animale et que notre médecin généraliste ne sait pas soigner un chat ou un chien. Donc, un vétérinaire qui soigne des animaux domestiques ne sait pas soigner les autres espèces, et encore moins les espèces sauvages, sauf s’il a été préalablement formé. Il ne connait pas forcement la posologie ni les molécules qu’il peut utiliser avec les animaux qu’il ne connait point. C’est pour cette raison que beaucoup de vétérinaires ne veulent pas prendre en charge des espèces sauvages.

La CLINIQUE VETERINAIRE ARTEMIS, 2 route de Saint-Pierre, 53480 VAIGES est apte à recevoir les hérissons et donner des soins. Cinq vétérinaires et trois ASVs sont disponibles pour les deux structures (Vaiges et Argentré). Deux docteurs vétérinaires, le Dr Mohamed Mehdi Hakimi et le Dr Anne-Françoise Moreau font partie des membres fondateurs de l’association Erinaceus. Ils sont respectivement Vice-Président et Secrétaire Générale. Ils sont très respectés par leurs confrères mayennais et leurs clients mais aussi par ceux de la partie limitrophe de la Sarthe.

La clinique principale est équipée pour prodiguer des soins d’urgence aux hérissons blessés ou en souffrance et pour tout traitement des maladies infectieuses ou parasitaires courantes des hérissons. Cette clinique dispose par exemple d’échographes, d’un appareil de radiographie, d’analyseurs sanguins, d’un appareil d’anesthésie gazeuse.

Seul le vétérinaire est habilité à réaliser des soins et à décider de la mise en place du traitement et de sa durée.

En cas de problème avec un hérisson au centre, la procédure est la suivante : téléphoner et conduire l’animal blessé chez le vétérinaire (radiographie, anesthésie, intervention si plaies, administration de médicaments).

Le devenir de l’animal blessé dépend donc du diagnostic du vétérinaire :

  • S’il faut pratiquer une euthanasie, le vétérinaire apposera son tampon sur la fiche d’accueil de l’animal avec la date, sa signature et la nature des blessures.
  • Si l’animal peut être sauvé, il sera acheminé vers le refuge qui procédera aux soins que nécessite son état et à sa remise en liberté dès que possible.

Si un hérisson décède dans notre centre, son cadavre congelé sera acheminé vers le centre d’incinération Incinéris de Vimoutiers dans l’Orne, avec lequel travaille la clinique vétérinaire Artémis.

Procédures et protocoles de soins dans le centre

Usage privé non ouvert au public.

Le fonctionnement du centre sera conforme à l’arrêté du 11 septembre 1992 relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage.

(J.O n° 219 du 20 septembre 1992).

Les animaux recueillis au centre seront uniquement « en transit », pendant toute la durée des soins nécessaires pour leur rétablissement, avant de pouvoir être relâchés dans leur milieu naturel.

Accueil de l'animal

  • Réceptionner l’animal amené par le découvreur.
  • Le prendre en charge personnellement.
  • Renseigner la fiche d’accueil qui indiquera les circonstances de la découverte de l’animal.
  • Placer le hérisson au chaud dans une boite pour le réchauffer, le déstresser avant manipulation et examen dès que je suis seul (après avoir promis au découvreur de lui donner des nouvelles de l’animal).
  • Mettre l’animal en confiance, lui parler doucement, ne pas le brusquer et arriver à le « dérouler ».
  • Porter des gants.
  • Procéder à un examen clinique qui conclura de l’état général du hérisson ; l’amener chez le vétérinaire si besoin. L’inspection du hérisson visera à rechercher des plaies, des traces de morsures, des parasites, contrôler les quatre membres, le corps, le ventre, la bouche et les yeux.
  • Déparasiter le hérisson s’il a des tiques, puces, œufs de mouches et/ou asticots.
  • Peser l’animal.
  • Mettre à sa disposition des aliments et de l’eau avec aide à l’alimentation si besoin.

Enregistrement de l'animal

Les centres doivent pouvoir à tout moment justifier de la provenance et du devenir des pensionnaires, et tenir leurs registres à la disposition des agents chargés des contrôles (ONCFS – SERVICES VETERINAIRES – POLICE – GENDARMERIE)

Le livre journal de mouvement d’animaux d’espèces non domestiques détenus en captivité (Cerfa 07.0363, 49 pages) et l’inventaire permanent des entrées et sorties d’animaux d’espèces non domestiques détenus en captivité (Cerfa 07.0362, 45 pages) sont mis à jour quotidiennement. Ces registres sont à conserver pendant 10 ans.

Une fiche de suivi personnelle (pour chaque hérisson) est remplie à l’arrivée de l’animal. Sur cette fiche seront notés, la date et le lieu de découverte, le sexe, le poids, l’état de santé, les traitements, la couleur du marquage sur le hérisson, le numéro d’enregistrement sur le registre.

Cette fiche permettra d’identifier le hérisson et d’assurer le suivi de son état de santé.

Modèle de fiche d'accueil du hérisson

MODELE DE FICHE D’ACCUEIL DU HERISSON
N° FICHE INTERNE : ETAT ANIMAL :
N° DU REGISTRE : SEXE :
DATE D’ARRIVEE : POIDS :
DATE DE DEPART : AGE :
LIEU DE DECOUVERTE : COULEUR :
CIRCONSTANCE DE LA DECOUVERTE : MARQUAGE :
CAUSE : NOM DONNE :
SI VISITE CHEZ LE VETERINAIRE SUIVI DU HERISSON
DATE : RELACHAGE EN ENCLOS
RADIO : RELACHAGE DEFINITIF
ECHOGRAPHIE :
NATURE DES BLESSURES :
SOINS :
TRAITEMENT PRESCRIT :
DUREE :
COORDONNEES DU DECOUVREUR
Nom : Prénom :
Email : Téléphone :
Adresse  :

Les animaux malades ou blessés seront manipulés quotidiennement pour désinfecter une plaie, administrer un traitement médicamenteux… Il est donc préférable de pouvoir les attraper rapidement pour éviter un stress et gagner du temps, ils seront donc dans de grandes caisses à rongeur adaptées à l’espèce, avec un coin pour se cacher.

Une même portée sera placée dans une même cage ou enclos.

Les adultes seront isolés les uns des autres et un seul par caisse.

A l’arrivée d’un hérisson au centre, il est placé dans la salle de soins dans une cage. Les cages sont tapissées de papier essuie-tout très résistant pour pouvoir observer les excréments afin de connaître l’état de santé de l’animal (diarrhée, crottes vertes foncées…). En cas de suspicion d’une maladie contagieuse, il sera gardé en cage dans la salle de quarantaine. Par la suite, une fois installé dans les enclos intérieurs, la litière en paille de chanvre sera utilisée pour les adultes mais on préfèrera une litière de foin dans le cas particulier d’une mère avec des petits. La litière est changée chaque jour et les cages nettoyées et désinfectées.

Le temps de transit de l’animal dans la salle de soins doit être le plus court possible avant d’être installé en quarantaine ou dans les enclos intérieurs et, par la suite, dans les enclos extérieurs avant sa libération.

Soins selon pathologie

Enclos : les animaux ne sont placés en extérieur qu’une fois que leur état de santé le permet, notamment en hiver (un hérisson doit peser 450 g minimum pour avoir des réserves de graisse suffisantes pour hiberner).

Les juvéniles seront dehors à partir de 220 – 250 g, dès que les températures le permettent.

Les enclos seront nettoyés aussi chaque jour, le restant de nourriture enlevé.

Je rappelle que ces animaux sont uniquement en transit.

Prise en charge des juvéniles

L’accueil des orphelins s’échelonne de la fin du printemps jusqu’à la fin octobre. Ils sont généralement trouvés errant en quête de nourriture. Ils sont la proie des mouches qui pondent des œufs dans leur peau (risque d’asticots pouvant dévorer l’animal).

Nurserie

Les juvéniles seront isolés des adultes car ils doivent être nourris fréquemment, toutes les 3 heures.

De plus ils ont besoin de chaleur et le fait de les isoler permet de maintenir une température plus élevée dans la pièce où ils se trouvent.

Cette disposition évitera de perturber les autres pensionnaires.

Les jeunes hérissons demandent une attention particulière de jour comme de nuit.

ALIMENTATION DES BEBES HERISSONS ET DES JUVENILES

L’alimentation donnée se rapprochera le plus possible de leur alimentation habituelle. Ne jamais donner de lait de vache car le lait de hérissonne est très pauvre en lactose ; donc, les hérissons ne possèdent pas de lactase (enzyme nécessaire à la digestion du lactose).

Dans un premier temps, les juvéniles sont nourris avec du lait maternisé ou des préparations qui conviennent comme lait de substitution.

Le premier jour de la prise en charge, on ne donnera que de très petites portions pour faciliter au bébé le passage du lait maternel au lait artificiel.

Toilettage : C’est le contraire du nourrissage ! Les bébés hérissons ne sont pas capables de déféquer ou d’uriner d’eux-mêmes. La mère leur lèche le ventre et les parties génitales, absorbant ainsi les excrétions, ce qui évite de souiller le nid. Avant et/ou après chaque repas, le capacitaire doit donc masser le ventre et la région de l’anus avec son doigt humidifié ou avec un bâtonnet de ouate pour stimuler les défécations du bébé. S’armer de patience ! Si des crottes ou de l’urine se trouvent dans le nid, cela ne signifie pas que le toilettage n’est pas nécessaire, bien au contraire : les bébés doivent faire leurs besoins de toute urgence ! Le toilettage est nécessaire jusqu’à ce que les hérissons se nourrissent de manière tout à fait autonome. Tant que les bébés sont nourris avec du lait de substitution, les crottes ont l’aspect de petites boules vertes agglutinées.

Soins du corps : Les restes de nourriture ainsi que les crottes et l’urine irritent la peau fine et sensible d’un bébé de quelques jours. Après chaque nourrissage, on éponge les impuretés avec un papier ménage humidifié. Avant et après chaque toilettage, on enduira la peau avec de l’huile pour bébé. Ne jamais utiliser des pommades ou de la poudre.

Augmentation de poids et quantité de nourriture : Jusqu’à un poids de 90 g environ, l’augmentation journalière moyenne devrait être de 4 – 6 g par jour. Ceci correspond plus ou moins à l’accroissement des bébés allaités par leur mère. Pour accroître leur poids, les jeunes ont besoin, toutes les 24 heures, d’une quantité de nourriture correspondant à un quart environ de leur poids.

Alimentation des juvéniles : Lorsque les petits hérissons – depuis le 19ème jour – boivent eux- mêmes leur lait de substitution, du moins en partie, on peut compléter leurs repas les jours suivants avec des petites quantités de produits solides adaptés. A 30 jours environ, les hérissons devraient avoir complètement maîtrisé la transition alimentaire, même s’il faut encore bien hacher les aliments. Comme boisson, on ne donnera désormais plus que de l’eau.

Phases suivantes de l’élevage : lorsque les petits hérissons mangent d’eux-mêmes, il sera peut-être nécessaire, surtout dans les grandes portées, de répartir les animaux en petits groupes d’individus de poids similaire. On mettra plusieurs assiettes de nourriture à disposition pour que les hérissons puissent manger tous en même temps.

Lorsque les jeunes ont atteint un poids de 220 – 250 g environ, on les place dans un enclos largement dimensionné. Ils doivent alors apprendre à détecter une nourriture naturelle (coléoptères, vers, chenilles, etc.), chasser et tuer leurs proies. A ce stade, l’absence de la mère ne présente pas un inconvénient majeur, car la femelle hérisson n’initie pas ses jeunes aux techniques de chasse et d’alimentation. Bien entendu, on tiendra leur nourriture habituelle à disposition dans l’enclos, comme auparavant, car les petites proies qu’ils pourraient y trouver ne suffisent pas et de loin à les rassasier. Lorsque le jeune atteindra 350 g, il pourra être placé dans un jardin où on cachera de la nourriture et où on mettra de l’eau à volonté, avant de retrouver sa liberté totale dans la nature.

Hérissons adultes

Les causes d’entrées sont multiples : choc avec une voiture, blessures par tondeuse ou rotofils, brûlures par des feux de jardin, empoisonnement, morsures de chien…

Il faut :

  • le réchauffer si l’animal est prostré ;
  • si besoin l’amener chez le vétérinaire ;
  • après traitement, le nourrir avec croquettes, pâté pour chat ou chien, poussins congelés, légumes, poulet, vers, fruits.

Pas d’affection contagieuse :

L’animal pris en charge est ausculté avec attention. Pour ce faire, il faut commencer par le dérouler délicatement en quelques gestes qui le mettront en confiance. Après examen, il sera systématiquement confié à la clinique vétérinaire en cas de blessures profondes nécessitant une anesthésie (points de suture, nécrose des tissus, fractures, infestation massive et interne de myiases…).

Les cas les plus fréquemment rencontrés sont les dénutritions, déshydratations, les parasites internes et externes et les blessures superficielles.

L’animal est préventivement isolé. S’il est en hypothermie, il sera réchauffé avec un coussin chauffant, sera recouvert d’une couverture polaire et protégé des mouches par une moustiquaire, dans des installations compatibles avec son mode de vie, ses capacités physiques et son état de santé.

S’il est déshydraté, il faut le réhydrater rapidement. En cas de déshydratation sévère, le vétérinaire prescrira un traitement approprié.

En cas de suspicion d’affection très contagieuse (teigne…) ou de décès, des mesures d’hygiène renforcée sont mises en place :

L’animal sera placé dans une pièce séparée (quarantaine) pendant 48 heures sauf indication contraire du vétérinaire. Il ne doit pas être en contact avec les autres animaux.

Pour éviter la contamination des autres animaux et des hommes, il faut jeter les déchets dans des containers spéciaux pour seringues et aiguilles et stériliser le matériel et les gamelles.

Mesures d’hygiène renforcée : jeter les gants à usage unique dans un sac étanche (sac poubelle) ; se laver immédiatement les mains après tout contact potentiellement contaminant, ventiler les locaux ; brûler la litière ; bien vérifier que l’on ne porte pas de tique après manipulation ; en cas de doute de contamination par un agent biologique, consulter un médecin en le « dirigeant » vers la zoonose suspectée.

On manipulera les animaux vivants, malades ou morts, avec des gants à usage unique. En cas de décès, il faut placer l’animal dans un sac plastique (en le prélevant comme un « gant retourné », ce qui évite de contaminer l’extérieur du sac), refermer le sac de façon étanche, à bout de bras pour ne pas inhaler l’air expulsé du sac et mettre le premier sac dans un second en le refermant avec la même technique. Il faut également mettre en place un vide sanitaire dans les enclos de réadaptation.

Traçabilité du hérisson

L’animal est maintenant prêt à être relâché dans son milieu naturel. Le transport entre le centre de soins et le lieu de relâche se réalisera dans des cages Vari Kennel pour chat.

Dans la mesure du possible, les animaux soignés au centre seront relâchés sur le lieu de découverte, ou dans un environnement correspondant aux attentes de l’espèce : dans un pré, à l’orée d’un bois, près d’un point d’eau.

Il vaut mieux contacter l’ONCFS pour connaître les endroits adaptés.

Il faut penser à demander à l’avance, une autorisation permanente de transport.